Ecrivain

Classique est l’écrivain qui porte une critique de soi-même, et qui l’associe intimement à ses travaux.
Il est des écrivains si suspects qu’ils arriveraient à nous faire prendre des lanternes pour des vessies.
L’écrivain écrit pour être aimé. Il est lu sans pouvoir l’être.
Il est dangereux de passer trop tôt pour un écrivain de bon sens: c’est le privilège des médiocrités mûres.
Les fables de La Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d’un vieillard que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d’un enfant. C’est du fiel.
Un journal est une longue lettre que l’auteur s’écrit à lui-même, et le plus étonnant est qu’il se donne à lui-même de ses propres nouvelles.
La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l’écrivain.
Les parties les plus inconvenantes d’un journal intime sont beaucoup moins les passages érotiques que les passages pieux.
Il y a des stylistes en gros et en détail: Balzac est un styliste en gros.
Il y a des écrivains chez lesquels la pensée semble une moisissure du cerveau.