Malheur

Le malheur est que, parfois, des souhaits s’accomplissent, afin que se perpétue le supplice de l’espérance.
On peut toujours reconnaître les femmes qui ont une entière confiance dans leurs maris: elles ont l’air si parfaitement malheureuses.
Les hommes ne veulent pas construire leur bonheur, ils veulent seulement réduire leur malheur.
Si les hommes étaient assez malheureux pour ne s’occuper que du présent, on ne sèmerait point, on ne bâtirait point, on ne planterait point, on ne pourvoirait à rien: on manquerait de tout au milieu de cette fausse jouissance.
Qui n’a pas l’esprit de son âge, de son âge a tout le malheur.
Si la nature ne nous avait faits un peu frivoles, nous serions très malheureux – c’est parce qu’on est frivole que la plupart des gens ne se pendent pas.
Malheureux, dont le coeur ne sait pas comme on aime, et qui n’ont point connu la douceur de pleurer!
Les malheurs particuliers font le bien général – de sorte que plus il y a de malheurs particuliers et plus tout est bien.
Connaissant moi-même le malheur, je sais secourir les malheureux.
On commence à avoir des malheurs quand on a cessé de ne penser qu’à soi.