Souffrance

J’aime la majesté des souffrances humaines…
Celui à qui la souffrance est épargnée doit se sentir appelé à soulager celle des autres.
Lorsqu’on souffre d’une vraie souffrance, comme on regrette même un faux bonheur!
Le bonheur est moins absorbant que la plus petite des souffrances.
Les plaintes de la souffrance sont à l’origine du langage.
La douleur de l’âme pèse plus que la souffrance du corps.
Cette indifférence aux souffrances qu’on cause et qui, quelques autres noms qu’on lui donne, est la forme terrible et permanente de la cruauté.
C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.
Reconnaître la liberté d’un autre, c’est lui donner raison contre sa propre souffrance.
Le travail est partout et la souffrance partout: seulement il y a des travaux stériles et des travaux féconds, des souffrances infâmes et des souffrances glorieuses.