Solitude

Il y a une solitude, même entre mari et femme, un gouffre – et cela, on doit le respecter.
La solitude est à l’esprit ce que la diète est au corps, mortelle lorsqu’elle est trop longue, quoique nécessaire.
Dieu créa l’homme et, ne le trouvant pas assez seul, il lui donna une compagne pour lui faire mieux sentir sa solitude.
On peut tout acquérir dans la solitude, hormis du caractère.
L’absence c’est Dieu. Dieu, c’est la solitude des hommes.
Etre adulte, c’est être seul.
La solitude n’est possible que très jeune, quand on a devant soi tous ses rêves, ou très vieux, avec derrière soi tous ses souvenirs.
On n’est pas seul dans sa peau.
Notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’a fuir cette solitude.
S’il existe une solitude où le solitaire est un abandonné, il en existe une où il n’est solitaire que parce que les hommes ne l’ont pas encore rejoint.