Ressembler

L’amour ressemble à la soif: une goutte d’eau l’augmente.
Un ami ressemble à un habit: il faut le quitter avant qu’il ne soit usé. Sans cela, c’est lui qui nous quitte.
Le spectacle du monde ressemble à celui des jeux olympiques: les uns y tiennent boutique – d’autres paient de leur personne – d’autres se contentent de regarder.
Le travail de la pensée ressemble au forage d’un puits – l’eau est trouble d’abord, puis elle se clarifie.
L’amour constant ressemble à la fleur du soleil, qui rend à son déclin, le soir, le même hommage dont elle a, le matin, salué son réveil!
L’existence d’une très jolie femme ressemble à celle d’un lièvre, le jour de l’ouverture.
Quand sur une personne on prétend se régler, c’est par les beaux côtés qu’il lui faut ressembler.
Presque tous les hommes ressemblent à ces grands palais déserts dont le propriétaire n’habite que quelques pièces – et il ne pénètre jamais dans les ailes condamnées.
Le romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à Dieu: il est le singe de Dieu.
Le désir transforme l’être qui nous approche en un monstre qui ne lui ressemble pas.