Tristan Bernard

Je suis comme tout le monde: je ne pense à rien.
Je suis arrivé à un âge où l’on ne compte plus sur ses projets.
Je n’ai aucune espèce de joie à faire le bonheur des gens qui ne me plaisent pas.
J’appartiens à ce peuple qu’on a souvent appelé élu… Elu? Enfin, disons: en ballottage.
Il vaut mieux ne pas réfléchir du tout que de ne pas réfléchir assez.
Il ne faut compter que sur soi-même. Et encore, pas beaucoup.
C’est Dieu qui a créé le monde, mais c’est le Diable qui le fait vivre.
Ce que nous aimons dans nos amis, c’est le cas qu’ils font de nous.
Avec les femmes, il faudrait que les paroles soient d’autant plus respectueuses que les gestes le deviennent de moins en moins.