Francis Ponge

Un esprit en mal de notions doit d’abord s’approvisionner d’apparences.
Il ne faut cesser de s’enfoncer dans sa nuit: c’est alors que brusquement la lumière se fait.
C’est par sa mort parfois qu’un homme montre qu’il était digne de vivre.
Notre âme est transitive. Il lui faut un objet, qui l’affecte, comme son complément direct, aussitôt.
L’histoire, ce petit cloaque où l’esprit de l’homme aime patauger.
Le siècle du pouvoir de l’homme devint celui de son désespoir.
Le langage ne se refuse qu’à une chose, c’est à faire aussi peu de bruit que le silence.
L’amour-propre et la prétention sont les premières vertus. A leurs limites, se définit la personne.
Je: cette apparition mince et floue, qui figure en tête de la plupart de nos phrases.