| Sand, George (1804-1876),
romancière française d'inspiration romantique, connue pour ses romans
champêtres qui célèbrent la douceur de vivre dans la campagne berrichonne
et pour sa vie passionnée. De son vrai nom Aurore Dupin, elle perdit
son père à l'âge de quatre ans et se retrouva à la croisée d'une double
éducation, aristocratique et paysanne. Son précepteur lui enseigna le
latin et les sciences, tandis que dans la campagne de Nohant, elle s'initia
à la vie champêtre. Elle rencontra à Paris, en 1821, Casimir Dudevant,
qu'elle épousa en septembre 1822 et dont elle eut d'abord un fils ;
en 1828, malgré leur mésentente, elle mit au monde une fille. Devenue
la maîtresse de Jules Sandeau en 1830, elle décida brusquement de changer
de vie. Avec l'accord de son mari, elle quitta Nohant et revint habiter
Paris. Elle y fit la connaissance de Latouche, Balzac, Monnier, Janin
et écrivit un roman en collaboration avec Sandeau, Rose et Blanche,
qui fut signé J. Sand. En mai 1832, elle publia son premier roman,
Indiana, sous le pseudonyme de George Sand, suivi la même année
de Valentine. Reconnue d'emblée par les plus sévères critiques
(Sainte-Beuve, Gustave Planche), elle fut appelée à collaborer à la
Revue des Deux Mondes, qui s'engagea à lui verser une rente annuelle
de quatre mille francs contre trente-deux pages de copie hebdomadaire.
En 1833, George Sand publia Lélia, roman féministe qui fut à
l'origine d'une vive controverse. Sa dénonciation du mariage fit écrire
au chroniqueur Capo de Feuillide dans l'Europe littéraire qu'il fallait
user d'« un charbon ardent » pour se purifier les lèvres après la lecture
de cette œuvre. En 1833, après la rupture avec Jules Sandeau (Balzac
raconta leur histoire dans la Muse du département), commença sa légendaire
liaison avec Alfred de Musset. Parti pour l'Italie, à Venise, le couple
traversa une crise majeure. Sand tomba amoureuse de Pagello, le médecin
de Musset. Lorsque le manque d'argent se fit sentir, elle écrivit pour
la Revue des Deux Mondes les Lettres d'un voyageur. Sa relation
houleuse avec Musset ne prit définitivement fin qu'en mai 1835. Le
Secrétaire intime (1834) inaugura la série des romans vénitiens
(Léone Léoni, 1834 ; Jacques, 1834) où, à l'image de leur
auteur, les héros vivent des aventures passionnées. Dès cette époque,
Sand fut considérée par la critique conservatrice et catholique comme
un auteur pernicieux. En avril 1835, Sand rencontra l'avocat républicain
Michel de Bourges, qui l'intéressa aux idées socialistes. Leur liaison,
orageuse elle aussi, dura jusqu'en 1837. Sous l'influence de son amant,
elle fréquenta les principaux conspirateurs de l'époque (tels Lamennais
et Pierre Leroux). Dès juin 1838 commença sa liaison avec Chopin. En
1841, elle fonda avec Leroux et Viardot la Revue indépendante, qui publia
plusieurs de ses récits. Elle y fit paraître notamment Consuelo
suivi de la Comtesse de Rudolstadt (1842-1844). Ces deux romans
obtinrent un immense succès. À partir d'un schéma de nouvelle, Sand
finit par écrire un roman-fleuve dans lequel elle introduisit les idées
qui, depuis cinq ou six ans, alimentaient son mysticisme : le thème
de la réincarnation de l'âme humaine dans l'humanité future, le rôle
de révélateur joué par les grandes hérésies, celui joué par les sectes
dans la préparation de la Révolution française, enfin la réhabilitation
de Satan, considéré comme l'instigateur de la vie charnelle. En 1844,
le Constitutionnel publia Jeanne, roman dont le personnage homonyme
figure la paysanne inspirée, un de ces êtres à l'âme pure et primitive
dont Sand aurait voulu repeupler le monde. Ce roman ouvrit la série
des œuvres champêtres, écrites entre 1845 et 1847 : le Meunier d'Angibault
(1845), le Péché de Monsieur Antoine (1845), la Mare au diable
(1846), François le Champi (1847-1848). Dans ce dernier récit,
Sand imagina de faire parler un chanvreur de village, ce qui lui permit
de puiser plus largement dans le patois berrichon et de donner à son
récit l'atmosphère des veillées villageoises. Le milieu champêtre est
présenté comme une société idéale ayant échappé à la perversion des
valeurs ; en brossant le tableau d'un monde menacé, Sand voulut en montrer
la noblesse et même la grandeur, face à des auteurs qui, comme Balzac,
peignait les paysans comme des êtres grossiers, dépourvus de sensibilité.
Lors de la Révolution de 1848, elle prit position aux côtés de Ledru-Rollin.
Son engagement donna lieu à une suite d'écrits passionnés. Le 3 mars,
dans la Lettre à la classe moyenne, elle invitait ses compatriotes
à s'unir et à s'aimer « pour trouver la vérité socialiste ». Le 12 mars,
dans la Lettre aux riches, elle expliquait que « la France était
appelée à être communiste avant un siècle ». Animée par le même esprit,
elle rédigea neuf des seize numéros du Bulletin de la République et
fonda son propre journal, la Cause du peuple, qui ne dépassa
pas les trois numéros. L'écrasement par Cavaignac des émeutes populaires
lui arracha ce cri : « J'ai honte aujourd'hui d'être française… Je ne
crois plus à l'existence d'une République qui commence par assassiner
ses prolétaires. » Elle quitta Paris dans la peur d'être arrêtée et
révéla dans la Petite Fadette l'étendue de sa déception politique.
Aux ambitions stériles et meurtrières de la ville, de la politique,
de la révolution elle-même, George Sand opposa la poésie de la campagne.
Critiques et public accueillirent avec sympathie cette littérature «
désengagée ». Des embarras d'argent la contraignirent à écrire pour
le théâtre. Tandis qu'une vingtaine de ses pièces étaient montées à
l'Odéon et au Gymnase, le théâtre de Nohant, créé par Chopin et pourvu
d'une scène dès 1851, fonctionnait comme un champ d'expérience où «
les Sand », leurs amis et jusqu'aux plus doués de leurs domestiques
tentaient de se dédoubler. Parallèlement, elle entreprit de rédiger
sa propre biographie, qui parut sous le titre Histoire de ma vie
(1854-1855). Ce chef-d'œuvre, qui consacre définitivement la figure
de la femme de lettres, lui valut beaucoup d'attaques. Mais les Goncourt
y virent « d'admirables tableaux, des renseignements sans prix sur la
formation d'une imagination d'écrivain, des portraits de caractères
saisissants ». La mort de Musset (1857) lui inspira un plaidoyer intitulé
Elle et lui (1859), qui provoqua un nouveau scandale. Ses œuvres
autobiographiques et sa correspondance restent aujourd'hui particulièrement
appréciées des spécialistes. Dans ses derniers romans, elle pardonna
à la bourgeoisie, voire à l'aristocratie, évoquées sous des traits adoucis,
mais prit pour cible l'Église, contre qui elle dirigea l'essentiel des
ses coups (les Beaux Messieurs de Bois-Doré, 1856-1858 ; Jean
de la Roche, 1860 ; Mademoiselle de la Quintinie, 1863).
Le 15 décembre 1863, le Saint-Office mit à l'index l'ensemble de son
œuvre. George Sand ne prit aucun parti lors de la Commune et mourut
en pleine activité, à un moment où elle était devenue une figure rassurante
de la République. Avez-vous remarqué comme on est bête, quand on est beaucoup?
Celui qui a bon coeur n'est jamais sot.
Chagrin d'enfant et rosée du matin n'ont pas de durée.
En France particulièrement, les mots ont plus d'empire que les idées.
Il n’y a pas plus prude que celui qui a un secret à cacher.
J'ai peine à croire qu'en perdant ceux qu'on aime on conserve son âme entière.
L'art est une démonstration dont la nature est la preuve.
L'esprit cherche et c'est le coeur qui trouve.
Laissez-moi fuir la menteuse et criminelle illusion du bonheur! Donnez-moi du travail, de la fatigue, de la douleur et de l’enthousiasme.
Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué.
Les chefs-d'oeuvre ne sont jamais que des tentatives heureuses.
Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre.
Les hérésies sont la grande vitalité de l'idéal chrétien.
Rien ne ressemble tant à un honnête homme qu'un coquin qui connaît son métier.
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