| Morand, Paul (1888-1976),
diplomate et écrivain français surnommé le « globe-trotter de la littérature
». Né à Paris d'un père artiste peintre, il prépara le baccalauréat
avec l'aide de Jean Giraudoux, qui restera son ami. Pendant ses études
de droit et de sciences politiques, il voyagea régulièrement, puis commença
une carrière de diplomate, devint vice-consul et attaché d'ambassade.
Mobilisé en 1914, il fut envoyé à l'ambassade de Londres, mais fréquenta
assidûment les salons parisiens, où il se lia avec Marcel Proust et
avec la princesse Soutzo, qu'il épousera plus tard. Nommé à Rome, puis
à Paris, aux services culturels, il fréquenta Cocteau, Milhaud et fit
ses débuts littéraires. En congé à partir de 1925, il écrivit et voyagea.
Il reprit ses fonctions en 1938, et approuva les accords de Munich.
Après un passage par Vichy, en 1940, il revint à Paris, puis représenta
la France à Bucarest en 1943, à Berne en 1944. Il fut révoqué sans pension
à la Libération, mais réintégré en 1955 dans le corps des ambassadeurs.
En 1968, il fut élu à l'Académie française. Son œuvre est abondante
et diverse. Des poèmes (Lampes à arc, 1919 ; Feuilles de température,
1920) et des romans peignent le Paris cosmopolite et moderne des années
1920. Il a groupé sous le titre Chroniques du vingtième siècle
des études sur le génie de chaque continent. Les Nouvelles des yeux
(1921) et les Nouvelles du cœur (1927) révèlent un talent analytique
et satirique. L'Homme pressé (1941), Hécate et ses chiens
(1954), la Folle amoureuse (1954), Nouvelles d'une vie
(1965) surprennent autant par la modernité du style que par la profondeur
de l'exploration de l'inconscient. C'est comme dans le mariage: d'abord sous le gui, ensuite sur le houx.
C'est déjà bien ennuyeux de ne pas avoir d'argent; s'il fallait encore s'en priver.
C'est en public que les femmes se déshabillent le plus volontiers.
C'était une jeune fille d'aujourd'hui, c'est-à-dire, à peu près, un jeune homme d'hier.
Elle était belle comme la femme d'un autre.
En amour, être français, c'est la moitié du chemin.
Femmes, longs vases entrouverts, grands enfants chauds.
Il faut que les pauvres soient si pauvres qu'il ne leur reste plus qu'à se révolter.
L'amour est aussi une affection de la peau.
L'amour n'est pas un sentiment, c'est un art.
L'existence d'une très jolie femme ressemble à celle d'un lièvre, le jour de l'ouverture.
L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète.
L'oisiveté exige tout autant de vertus que le travail.
La honte n'est pas toujours la conscience du mal que nous faisons, elle est souvent la conscience du mal qu'on nous fait.
La pudeur leur va si bien quand elles en ont, si bien quand elles n'en ont plus, que je ne conçois guère de femmes qui ne désirent pas en avoir.
Les prostituées sont souvent, après les religieuses, nos meilleures patriotes.
Les salons et les académies tuent plus de révolutionnaires que les prisons ou les canons.
Que de temps perdu à gagner du temps!
Servir est ennuyeux, mais pas plus qu'être servi.
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