| La Fontaine, Jean
de (1621-1695), poète français. Né à Château-Thierry, en Champagne,
où son père exerçait la charge de maître des eaux et forêts, il passa
toute son enfance dans cette province, dans un milieu rural et champêtre
dont, dit-on, son œuvre porte la marque. Après avoir été un moment avocat,
il s'installa à Paris et décida de se consacrer à la littérature. La
publication du poème héroïque l'Adonis (1658) lui valut l'admiration
et la protection du surintendant Fouquet, cadeau empoisonné, puisqu'en
1661, alors qu'il était en train de composer le Songe de Vaux,
Fouquet fut disgrâcié, arrêté et enfermé par le roi. La Fontaine fut
donc privé de son protecteur, et poursuivi par la disgrâce royale pour
sa fidélité (Ode au roi pour M. Fouquet, 1663). Il jugea alors
prudent de s'éloigner de la capitale et partit un temps dans le Limousin.
De retour à Paris, sa carrière reprit, avec la publication des Contes,
de 1664 à 1674, et celle des Fables, à partir de 1668. Pour vivre,
il se plaça sous la protection de la duchesse d'Orléans, de 1664 à 1672,
puis s'installa chez son amie Mme de La Sablière, où il restera de 1673
à 1693. Élu à l'Académie française en 1683, il mena une vie mondaine
assez brillante, fréquentant les écrivains les plus renommés de son
temps : La Fayette, Sévigné, Boileau, Molière, Racine, La Rochefoucauld.
Les deux dernières années de sa vie, cependant, il renonca à la vie
mondaine, renia ses Contes, qui étaient volontiers licencieux,
et se consacra à la méditation. C'est dans cet état d'esprit qu'il mourut
en 1695. Aide-toi, le ciel t'aidera.
Aimez, aimez, tout le reste n'est rien.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés, s'introduisent dans les affaires: ils font partout nécessaires, et, partout importuns, devraient être chassés.
Alléguer l'impossible aux rois, c'est un abus.
Amour, amour, quand
tu nous tiens,
Apprenez que tout flatteur
Approche-t-il du but,
quitte-t-il ce séjour,
Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire.
Belle tête, dit-il, mais de cervelle point.
Bergers, bergers, le
loup n'a tort
Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe?
Ce bloc enfariné ne
me dit rien qui vaille,
Ce qu'on donne aux méchants,
toujours on le regrette ...
Ceci s'adresse à vous,
esprits du dernier ordre,
Celui de qui la tête
au ciel était voisine
Chacun se dit ami; mais
fou qui s'y repose:
Contre de telles gens,
quant à moi, je réclame.
De loin c'est quelque chose, et de près ce n'est rien.
Deux coqs vivaient en
paix: une poule survint,
Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre.
Deux sûretés valent mieux qu'une, et le trop en cela ne fut jamais perdu.
En toute chose il faut considérer la fin.
Et chacun croit fort
aisément
Et, si de t'agréer je
n'emporte le prix,
Garde-toi, tant que
tu vivras
Gardez-vous de rien dédaigner; surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Hélas! on voit que de
tout temps
Hélas! que sert la bonne chère quand on n'a pas la liberté?
Il accusait toujours les miroirs d'être faux.
Il avait du bon sens; le reste vient ensuite.
Il connaît l'univers et ne se connaît pas.
Il est assez puni par
son sort rigoureux;
Il faut, autant qu'on
peut, obliger tout le monde:
Il lit au front de ceux
qu'un vain luxe environne
Il me faut du nouveau, n'en fût-il point au monde.
Il ne faut jamais vendre la peau de l'Ours qu'on ne l'ait mis par terre.
Il ne faut point juger des gens sur l'apparence.
Il ne se faut jamais moquer des misérables: car qui peut s'assurer d'être toujours heureux?
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
Imprudence, babil, et sotte vanité, et vaine curiosité, ont ensemble étroit parentage. Ce sont enfants tous d'un lignage.
Je le répète, et dis,
vaille que vaille,
Je me sers d'animaux pour instruire les hommes.
Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, même les plus sérieux.
Je plie, et ne romps pas.
Je suis chose légère
et vole à tout sujet;
L'absence est aussi
bien un remède à la haine
L'absence est le plus grand des maux.
L'homme est de glace
aux vérités,
L'univers leur sait gré du mal qu'ils ne font pas.
L'usage seulement fait la possession.
La fourmi n'est pas
prêteuse:
La jeunesse se flatte,
et croit tout obtenir:
La mort ne surprend
point le sage:
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
La ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur; et souvent la perfidie retourne sur son auteur.
Le bien, nous le faisons;
le mal, c'est la Fortune;
Le trop d'attention qu'on a pour le danger fait le plus souvent qu'on y tombe.
Les délicats sont malheureux,
Les plus accommodants ce sont les plus habiles: on hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré.
Ne faut-il que délibérer?
La cour en conseillers foisonne:
Ne forçons point notre
talent;
Ne nous associons qu'avec nos égaux.
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile; et le beau souvent nous détruit.
Nous n'écoutons d'instincts
que ceux qui sont les nôtres,
Nous ne croyons le mal que quand il est venu.
Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes.
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.
On ne peut trop louer
trois sortes de personnes:
On perd du temps au
choix, on tente, on veut tout faire.
On rencontre sa destinée
Patience et longueur
de temps
Petit poisson deviendra
grand,
Plutôt souffrir que
mourir,
Quand le moment viendra
d'aller trouver les morts,
Quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu.
Quittez le long espoir et les vastes pensées.
Rien n'est si dangereux
qu'un ignorant ami;
Rien ne sert de courir; il faut partir à point.
Sans mentir, si votre
ramage
Selon que vous serez
puissant ou misérable,
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole.
Tous les mangeurs de
gens ne sont pas grands seigneurs;
Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Toute puissance est faible à moins que d'être unie.
Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras: l'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
Ventre affamé n'a point d'oreilles.
Vous chantiez? j'en
suis fort aise:
Vous savez que nul n'est prophète en son pays: cherchons notre aventure ailleurs.
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