| Garnier, Robert
(1544-1590), dramaturge français. Après des études de droit à Toulouse,
il devint avocat au parlement de Paris en 1567, conseiller au présidial
du Mans en 1569, lieutenant criminel du Maine en 1574, puis fut nommé
au Grand Conseil du roi en 1586. Il acquit dans l'exercice de sa profession
une éloquence qu'il sut parfaitement utiliser dans ses compositions
littéraires. C'est par un recueil de vers, qui n'est pas sans rappeler
les poèmes de la Pléiade, qu'il inaugura sa carrière d'écrivain ; bien
que les Plaintes amoureuses (1565) aient été primées aux Jeux
floraux de Toulouse en 1566, il abandonna rapidement la poésie lyrique
— il participa encore au Tombeau avec Ronsard après la mort de
Charles IX — pour se consacrer au genre tragique, alors en plein renouveau.
Suivant les jalons posés, entre autres, par Jodelle, il écrivit sept
pièces inspirées de l'histoire romaine (Porcie, 1568 ; Cornélie,
1574 ; Marc Antoine, 1578) ou grecque (Hippolyte, 1573
; la Troade, 1579 ; Antigone, 1586) et de l'Ancien Testament
(les Juives, 1583, son chef-d'œuvre), qui toutes respectent les
règles de composition des tragédies antiques et se ressentent fortement
de l'influence de Sénèque. Son théâtre est caractérisé par des personnages
souvent monolithiques, sans profondeur psychologique — et sur lesquels
s'abattent tous les malheurs du monde —, mais aussi par un univers de
ténèbres qui va en s'épaississant à mesure que l'intrigue progresse.
Seule les Juives, étoffe les personnages et simplifie l'intrigue. On
sait que Garnier se rangea un temps du côté de la Sainte Ligue, avant
d'être horrifié par ses excès. Outre ses tragédies, il composa une tragi-comédie,
qui mérite d'être signalée car elle fut une des premières pièces de
ce genre mixte : Bradamante (1582), empruntée à l'Arioste (Roland
furieux), qui est construite autour d'un duel amoureux. Ce que je prise plus
en si belle alliance,
Dieu préfère toujours la clémence à justice.
L'on ne peut gouverner les enfants d'aujourd'hui.
La clémence est l'honneur d'un prince débonnaire.
La jeunesse ne peut
commander à soi-même;
Le pays est partout
où l'on se trouve bien,
Mais la jeunesse ardente
et prompte aux changements
Moi, j'ai toujours l'amour cousu dans mes entrailles.
Nommez-vous liberté
licence au populaire
Qui meurt pour le pays vit éternellement.
Toute chose naît pour
périr,
|
Tous droits réservés
proverbes-citations
© 2001