| Fénelon, François
de Salignac de la Mothe (1651-1715), évêque et écrivain français,
philosophe, pédagogue, théoricien politique et théologien mystique.
Né le 6 août 1651 dans une famille noble du Périgord, Fénelon fit ses
études au séminaire de Saint-Sulpice. En 1678, il fut nommé directeur
des Nouvelles Catholiques, une institution de Paris destinée à l'instruction
des jeunes protestantes récemment converties ou en voie de se convertir
au catholicisme. En 1685, après la révocation de l'édit de Nantes, on
l'envoya pour diriger une mission de conversion des protestants du Saintonge
dans l'ouest de la France. Il devint un protégé de l'évêque Jacques
Bossuet et, en 1689, fut nommé précepteur de Louis, duc de Bourgogne,
petit-fils de Louis XIV. Fénelon écrivit alors pour son élève des ouvrages
variés: des Fables, les Dialogues des morts, des Essais philosophiques
ou historiques et les Aventures de Télémaque (1699), son livre
le plus célèbre. Ce récit retraçait le voyage de Télémaque, fils d'Ulysse,
à la recherche de son père. Il permit à Fénelon, dans la richesse d'un
style baroque, de donner à son élève une leçon de morale politique,
en cherchant à lui apprendre son métier de souverain. En 1694, Fénelon
devint archevêque de Cambrai ; peu de temps après, il s'opposa à Bossuet
sur le quiétisme. En effet, depuis 1688, Fénelon était influencé par
Mme Guyon, qui faisait de l'abandon à Dieu le centre de la religion,
et de l'extase le critère de l'union à Dieu. Fénelon insista alors plus
sur la piété comme amour pur pour Dieu, dans la liberté de la conscience,
sur un abandon de soi à Dieu. Son Explication des maximes des saints
(1697) fut attaquée par Bossuet et certains passages du livre furent
condamnés par le pape Innocent XII en 1699, sous la pression de Louis
XIV. Fénelon se soumit alors immédiatement. Au même moment parurent
les Aventures de Télémaque dans lesquelles Louis XIV vit une
critique de l'absolutisme royal. Fénelon y prônait une forme de monarchie
éclairée, cherchant la paix et le bien de ses sujets. Fénélon fut exilé
à Cambrai, dans son diocèse, où il se consacra à l'instruction religieuse
de ses fidèles. Il mourut à Cambrai le 7 janvier 1715. Antisthème disait que la science la plus difficile était de désapprendre le mal.
Avant que de se jeter dans le péril, il faut le prévoir et le craindre; mais quand on y est, il ne reste plus qu'à le mépriser.
Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse. Dans sa douleur elle se trouvait malheureuse d'être immortelle.
Ce n'est pas le difficile, c'est le beau que je cherche.
D'ordinaire ceux qui gouvernent les enfants ne leur pardonnent rien, et se pardonnent tout à eux-mêmes.
Il ne faut point s'opiniâtrer à faire goûter aux enfants certaines personnes pieuses dont l'extérieur est dégoûtant.
Il ne suffit point de montrer la vérité, il faut la peindre aimable.
La jeunesse ressent un plaisir incroyable lorsqu'on commence à se fier à elle.
Le bel esprit a le malheur d'affaiblir tout ce qu'il croit orner.
Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays: quoiqu'il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien.
Le plus libre de tous les hommes est celui qui peut être libre dans l'esclavage même.
Le vrai moyen de gagner beaucoup est de ne vouloir jamais trop gagner et de savoir perdre à propos.
N'est-ce pas savoir beaucoup que de savoir qu'on ne sait rien?
Pour les prédicateurs ..., ce n'est pas la religion mais leur bel esprit qu'ils ont intérêt de persuader au monde.
Presque tous les hommes sont médiocres et superficiels pour le mal comme pour le bien.
Rien n'est si contraire à la simplicité que le scrupule. Il cache je ne sais quoi de double et de faux.
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