| Colette (1873-1954),
pseudonyme de Sidonie Gabrielle Colette, romancière française dont l'œuvre
apparaît comme une célébration sensuelle et passionnée de la nature
et des relations humaines. Née à Saint-Sauveur-en-Puisaye, elle passa
son enfance et son adolescence dans cette partie de la Bourgogne qu'elle
peignit si souvent dans ses ouvrages, puis, épousa l'écrivain Henri
Gauthier-Villars, dit Willy, qui l'emmena à Paris et qui l'engagea à
écrire la série des Clodine (1900-1903). Bien qu'ils fussent
signés du nom de plume de son époux, c'est bien à elle que l'on doit
ces quatre romans, en partie autobiographiques, qui firent scandale
au moment de leur parution. Divorcée en 1906, elle fut un temps actrice
de music-hall, expérience qu'elle rapporta dans la Vagabonde
(1910), le premier de ses ouvrages à être publié sous le pseudonyme
de Colette. Remariée à Henri de Jouvenel et devenue journaliste, elle
se consacra à la critique dramatique (notamment au Matin), puis fit
paraître des nouvelles et des romans sous forme de feuilletons. Dans
Chéri (1920), elle évoqua l'ambiguïté des relations amoureuses
entre un jeune homme égoïste et une femme mure, à travers une intrigue
pessimiste qui conduit inéluctablement le héros au sacrifice (la
Fin de Chéri, 1926). Vinrent ensuite d'autres ouvrages qui connurent
un très vif succès, tels le Blé en herbe (1923), qui dépeint
l'éveil de l'amour chez une adolescente de quinze ans, la Naissance
du jour (1928), sorte d'exaltation poétique de la nature, ou encore
la Seconde (1929) et Gigi (1945). Colette écrivit également
des livres de souvenirs. Ainsi, dans Sido (1929), elle rend un
affectueux hommage à sa mère, tandis qu'elle rapporte dans Mes apprentissages
(1936) la nature complexe des liens qui l'attachaient à son premier
mari. Par ailleurs, dans une série de romans d'une grande sensibilité,
elle opposa la courtoisie et la grâce naturelle des animaux domestiques
à la vulgarité et à l'absurdité des humains (Dialogues de bêtes,
1904 ; Prisons et Paradis, 1932 ; la Chatte, 1933 ;
Chats, 1936 ; Julie de Carneilhan, 1941). Décorée de la Légion
d'honneur, première femme lauréate (1945) et présidente (1949) de l'Académie
Goncourt, admirée par plusieurs grands auteurs (Proust, Cocteau, Julien
Green), elle était au sommet de la gloire littéraire lorsqu'elle s'éteignit
à Paris à l'âge de quatre-vingt-un ans. Ces plaisirs qu'on nomme, à la légère, physiques.
Choisir, être choisi, aimer: tout de suite après viennent le souci, le péril de perdre, la crainte de semer le regret.
Connaître ce qui lui était caché, c'est la griserie, l'honneur et la perte de l'homme.
Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme.
Il est bon de traiter l'amitié comme les vins et de se méfier des mélanges.
Il est sage de verser sur le rouage de l'amitié l'huile de la politesse délicate.
Il n'y a de peine irrémédiable, sauf la mort.
Il y a deux sortes d'amour: l'amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l'amour satisfait, qui vous rend idiot.
Il y a souvent plus d'angoisse à attendre un plaisir qu'à subir une peine.
Je vis sur le fonds de frivolité qui vient au secours des existences longues.
L'homme trop occupé des femmes reçoit d'elles, un jour, sa punition.
La bonne foi n'est pas une fleur spontanée, la modestie non plus.
La femme est capable de tous les exercices de l'homme sauf de faire pipi debout contre un mur.
La quiétude... C'est le bien de ceux qui ont à jamais choisi une part de leur destin, et rejeté l'autre.
Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner
Le vice, c'est le mal qu'on fait sans plaisir.
Le voyage n'est nécessaire qu'aux imaginations courtes.
Les femmes libres ne sont pas des femmes.
On connaît des comédiens aigris, il n'en est guère de désillusionnés.
On croit toujours que c'est plus facile de réussir dans ce qu'on n'a pas appris que dans ce qu'on a appris, c'est naturel.
On n'écrit pas un roman d'amour pendant qu'on fait l'amour.
On ne fait bien que ce qu'on aime.
Qu'il s'agisse d'une bête ou d'un enfant, convaincre c'est affaiblir.
Quand je n'aurais appris qu'à m'étonner, je me trouverais bien payée de vieillir.
Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout.
Quand une femme connaît la préférence d'un homme, cigare compris, quand un homme sait ce qui plaît à une femme, ils sont bien armés l'un contre l'autre.
Que le mal nous façonne, il faut bien l'accepter. Mieux est de façonner le mal à notre usage, et même à notre commodité.
Sois fidèle à ton impression première.
Un moment présent, même terrible, n'est pas toujours vainqueur du passé délicieux.
Une chose qu'on connaît bien pour l'avoir possédée, on n'en est jamais tout à fait privé.
Une femme qui reste une femme, c'est un être complet.
Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l'homme. Une femme intelligente y renonce.
Une femme se réclame d'autant de pays natals qu'elle a eu d'amours heureux.
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