Proverbes et citations
 
 

Bonald (Louis, vicomte de) - citations

Bonald, Louis de (1754-1840), philosophe et écrivain politique français contre-révolutionnaire. Louis de Bonald fut l'un des principaux représentants de la pensée contre-révolutionnaire. Son œuvre se compose essentiellement de la Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société démontrée par le raisonnement et par l'histoire (1796). Ses autres ouvrages reprennent les éléments de cette théorie. Louis de Bonald s'opposa à la théorie du contrat social de Jean-Jacques Rousseau. Les individus n'ont, d'après lui, aucune possibilité d'action sur les lois qui régissent nos sociétés. Ils en sont encore moins les acteurs. Selon lui, l'autorité n'émane pas de la volonté populaire, car la société est antérieure à l'individu. Elle est un fait qui s'impose à lui. L'Homme serait donc un produit de la société. Toutes les institutions religion, famille, gouvernement sont sur le même modèle. Dans chacune, nous sommes en face d'un pouvoir (Dieu, le roi, le père), des ministres (sacerdoce, noblesse, mère) et des sujets (fidèles, vassaux, enfants). Fervent monarchiste et catholique, il critiqua la Déclaration des droits de l'Homme avec véhémence, et prôna une déclaration des devoirs. Bonald créa, en outre, une théorie métaphysique du langage, que nous pouvons résumer dans cette formule: "L'Homme pense sa parole avant de penser sa pensée". La pensée est postérieure à la parole. L'Homme ne l'a pas inventée. Il ne pense pas sans le secours du langage; il ne parle pas non plus sans la pensée. Le langage est alors la clé de toute organisation sociale. Peut-être Bonald est-il ainsi un lointain précurseur du structuralisme linguistique?

Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas de faire son devoir, mais de le connaître.

Des sottises faites par des gens habiles; des extravagances dites par des gens d'esprit; des crimes commis par d'honnêtes gens... voilà les révolutions.

L'irreligion sied mal aux femmes; il y a trop d'orgueil pour leur faiblesse.

La littérature est l'expression de la société, comme la parole est l'expression de l'homme.

La parole est dans le commerce des pensées ce que l'argent est dans le commerce des marchandises, expression réelle des valeurs, parce qu'elle est valeur elle-même.

Les hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs pensées à l'avenir, trouvent difficilement place dans le présent.

On ne devrait assembler les hommes qu'à l'église ou sous les armes; parce que là, ils ne délibèrent point, ils écoutent et obéissent.

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