Proverbes et citations
 
 

Cocteau (Jean) - citations

Cocteau, Jean (1889-1963), écrivain, dessinateur et cinéaste français. Né à Maisons-Laffitte (Yvelines) dans une famille de musiciens, il fut élevé par sa mère, son père s'étant donné la mort en 1898. Après ses humanités, il entra "dans la poésie comme on entre dans les ordres", révélant un goût très sûr et un réel talent dès son premier recueil (la Lampe d'Aladin, 1909). Outre ses poèmes, des dessins, des chroniques, un argument de ballet (le Dieu bleu, 1912, dansé par Nijinski) et un roman (le Potomak, 1913) révélèrent ses dons éclectiques. Des influences conjointes de Diaghilev (qui lui "déniaisa l'esprit") et de Stravinski, naquit le ballet Parade (1917), auquel collaborèrent Satie et Picasso. Initié à l'acrobatie aérienne par Roland Garros, il tira de cette expérience un recueil de vers (Cap de Bonne-Espérance, 1918). Témoin privilégié des Années folles, il évoqua cette période dans le Bœuf sur le toit (1920) et les Mariés de la tour Eiffel (1924) tandis que son essai le Secret professionnel (1922) préconisait un retour aux règles de la versification classique, qu'il mit en pratique dans Plain-Chant (1923). Suivirent deux romans d'inspiration autobiographique (le Grand Écart et Thomas l'Imposteur), publiés en 1923. À la fin de la même année, la mort de Raymond Radiguet qu'il avait contribué à faire connaître l'affecta profondément. Après deux nouveaux recueils de poésie (l'Ange Heurtebise, 1925; Orphée, 1927), il chercha refuge dans l'opium ("la Chine fume pour se rapprocher de ses morts", Opium, 1930), et dans le catholicisme (Lettre à Jacques Maritain, 1925). Si le récit de ses relations homosexuelles (le Livre blanc, 1928) lui aliéna une partie de l'opinion, son roman les Enfants terribles (1929) lui valut un succès considérable. Dramaturge, il exploita les différentes possibilités scéniques (la Voix humaine, 1930), exhumant les mythes de la Grèce antique (la Machine infernale, 1934), les légendes médiévales (les Chevaliers de la Table ronde, 1937), ou composant des drames modernes (les Parents terribles, 1938). Son œuvre cinématographique est imprégnée d'une mythologie plus intime et exploite volontiers le thème de l'amour impossible (le Sang d'un poète, 1930; l'Éternel Retour, 1943; la Belle et la Bête, 1945; Orphée, 1949; le Testament d'Orphée, 1959). Parallèlement à sa carrière de cinéaste, il poursuivit sa réflexion autobiographique (la Fin du Potomak, 1939; la Difficulté d'être, 1947; Journal d'un inconnu, 1953; Démarche du poète, 1953) et son activité de poète (Allégories, 1941; Léone, 1945; la Crucifixion, 1946). Ce second souffle poétique fut d'ailleurs à l'origine de plusieurs recueils (Chiffre sept, 1952; Clair-Obscur, 1954; Requiem, 1960), dans lesquels il affermit sa mythologie personnelle et évoqua avec sincérité et gravité la destinée solitaire du poète. Il fut élu à l'Académie française en 1955 et mourut en 1963.

A force de plaisirs notre bonheur s'abîme.

A l'impossible je suis tenu.

C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.

De notre naissance à notre mort, nous sommes un cortège d'autres qui sont reliés par un fil ténu.

De temps en temps, il faut se reposer de ne rien faire.

Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture.

Il était victime des pénombres où les sens rencontrent le coeur.

Je me reproche d'avoir dit trop de choses à dire et pas assez de choses à ne pas dire.

Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité.

Je voudrais que l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu.

L'avenir n'apartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.

L'extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie.

La mode meurt jeune. C'est ce qui fait sa légèreté si grave.

La mort ne m'aura pas vivant.

La poésie est une religion sans espoir.

La poésie est une solitude... et nous sommes des moines qui échangent des silences.

La vérité est trop nue, elle n'excite pas les hommes.

Le corps est un parasite de l'âme.

Le mystère est une position trop favorable pour qu'un esprit bien élevé s'y maintienne.

Le tact dans l'audace c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.

Le virtuose ne sert pas la musique, il s'en sert.

Les dieux existent: c'est le diable.

Les enfants, il vaut mieux les réussir, sinon ils ne vous ratent pas.

Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images.

Les plus belles robes sont portées pour être retirées.

Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas.

L'histoire est du vrai qui se déforme, la légende du faux qui s'incarne.

Mieux vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un vrai.

Mon pessimisme n'est qu'une forme de l'optimisme.

Nous abritons un ange que nous choquons sans cesse. Nous devons être les gardiens de cet ange.

On ferme les yeux des morts avec douceur; c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants.

Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.

Pénélope était la dernière épreuve qu'Ulysse eut à subir à la fin de son voyage.

Qu'est-ce que la France, je vous le demande? Un coq sur un fumier. Otez le fumier, le coq meurt.

Tout homme porte sur l'épaule gauche un singe et, sur l'épaule droite, un perroquet.

Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre.

Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination.

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