| Bounine, Ivan Alekseïevitch
(1870-1953), poète et romancier russe, lauréat du prix Nobel de littérature
en 1933. Né à Voronej d'une famille noble appauvrie, Ivan Alekseïevitch
Bounine passa son enfance et son adolescence au cœur de la nature et
en garda toute sa vie l'empreinte profonde. En 1901, il se vit attribuer
le prix Pouchkine de l'Académie russe pour ses talents de poète (la
Chute des feuilles, 1901) et la qualité de ses traductions (Hiawatha
de Longfellow, les œuvres philosophiques de Byron). Mais Bounine fut
avant tout un prosateur. Ami de Tchekhov, il partagea ses points de
vue esthétiques et philosophiques, de Tolstoï, qu'il admirait et dont
les préoccupations pour le peuple étaient aussi les siennes, il renoua
avec la tradition réaliste classique d'un Tourgueniev, dont il hérita
la langue pure, précise et mélodieuse. Un remarquable sens de l'observation
caractérise ses premiers récits, les Pommes d'Antonov (1900), Soukhodol
(1911), consacrés à la peinture réaliste de la vie des paysans et de
la noblesse provinciale. Ce tableau de la campagne russe devient extrêmement
corrosif avec le Village (1909-1910), roman dépourvu d'intrigue et annoncé
comme un poème, creusant au fil de ses nombreuses pages un thème unique:
l'ennui où se meurt la paysannerie russe d'avant la révolution. Cette
perception tragique de la réalité se retrouve dans le thème tolstoïen
de la toute-puissance de la mort avec le Monsieur de SanFrancisco (1915),
récit dont le dépouillement et le symbolisme atteint la perfection.
Ayant condamné la révolution (Jours maudits, 1925), Bounine se réfugia,
dès 1920, en France, où il vécut trente-trois années d'exil, marquées
par la solitude et la nostalgie pour sa patrie. Il y composa pourtant
certaines de ses œuvres les plus achevées, l'Amour de Mitia (1924) et,
surtout, la Vie d'Arseniev (1928-1933), récit semi-autobiographique
où s'insèrent considérations philosophiques et splendides notes lyriques
à propos de la vieille Russie. Bounine fut le premier Russe à recevoir
le prix Nobel de littérature en 1933. Des millions d'hommes participent aux guerres actuelles; bientôt l'Europe entière ne sera peuplée que d'assassins.
En art, il n'est pas qu'une seule façon d'être grand.
La jalousie, c'est un manque d'estime pour la personne qu'on aime.
Les choses et les êtres que nous aimons sont pour nous une souffrance, ne serait-ce que par la crainte perpétuelle de les perdre.
Les hommes mentent quand ils assurent qu'ils ont horreur du sang.
Si j'étais né sur une île déserte et si j'y avais passé ma vie, je n'aurais même pas soupçonné l'existence de la mort.
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