| Blum, Léon (1872-1950),
homme politique français. Né à Paris, il fut reçu à l'École normale
supérieure et fit des études de droit. Entré au Conseil d'État en qualité
d'auditeur, il publia des travaux de critique littéraire et dramatique.
Marqué par l'affaire Dreyfus, qui détermina son entrée en politique,
il s'inscrivit au parti socialiste en 1899 et fut avec Jean Jaurès l'un
des fondateurs du journal l'Humanité. Député de 1919 à 1928 et de 1929
à 1940, il participa au Congrès de Tours et choisit de rester membre
de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) contre la
minorité communiste. Partisan d'un socialisme réformiste et humaniste,
Blum, sans rien renier de l'analyse marxiste, fondait davantage d'espoir
sur une transformation progressive de la société que sur la rupture
révolutionnaire. Dans les années 1930, marquées par la montée en puissance
des régimes autoritaires et des discours nationalistes, il s'engagea
résolument dans une stratégie d'alliance avec les communistes et les
radicaux, qui aboutit à la constitution d'un gouvernement dit de Front
populaire (1936). Président du Conseil, Blum entreprit un vaste mouvement
de réformes politiques et sociales: la semaine de travail fut réduite
à quarante heures, les premiers congés payés institués (douze jours
ouvrables par an), des augmentations de salaires accordées et les conventions
collectives encouragées. À ces réformes sociales s'ajoutèrent des réformes
économiques et financières: la Banque de France ne fut pas nationalisée
(son capital restant détenu par ses anciens actionnaires) mais son Conseil
général fut réformé pour donner à l'État une possibilité de contrôle
plus importante ; certaines usines fabriquant du matériel de guerre
furent nationalisées ; une politique de soutien aux agriculteurs fut
mise en place et le franc fut dévalué. Le gouvernement se heurta toutefois
à une série de difficultés économiques, politiques et extérieures qui
conduisirent Blum à démissionner en juin 1937. Les mesures économiques
et financières se révélèrent en effet insuffisantes pour remédier à
la crise que traversait alors la France. L'opposition de droite était
virulente et se déchaîna contre la personne même de Blum, sur fond d'antisémitisme.
Sur le front diplomatique enfin, la France adopta vis-à-vis de la guerre
civile espagnole une politique de non-intervention qui persuada l'Allemagne
nazie de la faiblesse française. Au milieu de l'année 1937, la droite,
majoritaire au Sénat, refusa d'accorder au gouvernement les pleins pouvoirs
afin de faire face à la crise financière, contraignant celui-ci à démissionner.
Lorsque le gouvernement traversa une nouvelle crise en mars 1938, il
fut néanmoins rappelé et présida un second gouvernement qui dura seulement
un mois. Dans le courant de la même année, ses partisans au sein de
la SFIO prirent leurs distances avec le gouvernement de Front populaire
d'Édouard Daladier sur la question des accords de Munich signés avec
l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne. Après la capitulation de
la France devant l'Allemagne en 1940, Blum fut arrêté par le gouvernement
de Vichy. Il fut jugé à Riom avec d'autres responsables de la IIIème
République pour avoir causé la défaite militaire de la France, mais
les auditions furent la cause d'un tel embarras pour le gouvernement
de Vichy que le procès tourna court. Blum fut interné puis déporté en
Allemagne. Il fut libéré par les troupes alliées en mai 1945 et, de
retour en France, retrouva la direction de la SFIO. Son autorité politique
et morale lui valut d'être désigné pour négocier la dette de guerre
française vis-à-vis des États-Unis. Il fut ainsi avec Jean Monnet l'artisan
des accords Blum-Byrnes, du nom du secrétaire d'État américain, qui
annulèrent les dettes de guerre de la France et prévoyèrent le versement
de prêts sans intérêt. Il dirigea un dernier gouvernement provisoire
de décembre 1946 à janvier 1947 à qui échut la charge d'achever la mise
en place des institutions de la IVème République naissante. La maladie
le tint ensuite à l'écart du pouvoir jusqu'à sa mort en 1950. A l'issue d'une longue guerre nationale, la victoire bouleverse comme la défaite.
A vingt ans l'enfant déforme les femmes, à trente ans il les conserve et je crois bien qu'à quarante il les rajeunit.
L'abnégation, la charité résultent le plus souvent d'un défaut de vie personnelle.
Les poisons sont quelquefois des remèdes, mais certains poisons ne sont pourtant que des poisons.
Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence.
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