| Bachelard, Gaston (1884-1962),
philosophe et essayiste français. Bachelard naquit à Bar-sur-Aube et
fut élevé dans une famille de marchands de journaux et de tabac. Au
terme de ses études secondaires, il travailla comme employé des Postes
à Remiremont jusqu'en 1906, puis à Paris jusqu'en 1913. En dépit de
ses soixante heures hebdomadaires de travail, il obtint sa licence de
mathématiques en 1912. Son désir de devenir ingénieur fut contrarié
par le déclenchement de la Première Guerre mondiale et son enrôlement
dans l'armée. À sa démobilisation, il fut nommé professeur de physique
et de chimie à Bar-sur-Aube. Ses convictions en matière de physique
bouleversées par la théorie de la relativité, il se tourna vers la philosophie,
obtenant sa licence en 1920. Après avoir passé avec succès le concours
de l'agrégation, il obtint son doctorat en 1927. En 1930, il entama
une carrière universitaire classique, professant à Dijon puis à la Sorbonne
(l'histoire et la philosophie des sciences) où il demeura jusqu'en 1954.
Il fut décoré de la Légion d'honneur en 1951 et élu membre de l'Académie
des sciences morales et politiques en 1955. Ses analyses de l'imaginaire
sont contenues dans les travaux qui proposent une psychanalyse des éléments:
la Psychanalyse du feu (1938), l'Eau et les Rêves (1942), l'Air et les
Songes (1943), la Terre et les Rêveries de la volonté (1948). Ces ouvrages
empruntent beaucoup à Carl Gustav Jung, notamment ses idées sur l'énergie
spirituelle et l'opposition animus-anima. Bachelard consacra la fin
de sa vie à une quête plus poétique: la Poétique de l'espace (1957)
et la Poétique de la rêverie (1961). Il mourut le 16 octobre 1962. Au fond de la nature pousse une végétation obscure; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires.
C'est encore en méditant l'objet que le sujet a le plus de chance de s'approfondir.
C'est à l'animus qu'appartiennent les projets et les soucis, deux manières de n'être pas présent à soi-même. A l'anima appartient la rêverie qui vit le présent des heureuses images.
Dans la pensée scientifique, la médiation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet.
Devant une flamme, dès qu'on rêve, ce que l'on perçoit n'est rien au regard de ce qu'on imagine.
Dès l'époque secondaire, les mollusques construisaient leur coquille en suivant les leçons de la géométrie transcendante.
Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.
L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin.
L'imagination n'est rien d'autre que le sujet transporté dans les choses.
La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire.
La langue de l'alchimie est une langue de la rêverie, la langue maternelle de la rêverie cosmique.
La pensée pure doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c'est la pensée du néant.
On ne pourra bien dessiner le simple qu'après une étude approfondie du complexe.
Une expérience scientifique est ... une expérience qui contredit l'expérience commune.
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