| Aymé, Marcel (1902-1967),
écrivain français qui combina dans son œuvre, avec une savante naïveté,
le merveilleux et le réalisme du quotidien. Dernier d'une famille de
six enfants, né à Joigny, il fut élevé à la campagne, puis entreprit
des études de mathématiques à Besançon, qu'il dut interrompre pour des
raisons de santé. Arrivé à Paris en 1925, il y exerça différents métiers
(il fut notamment employé de banque, agent de change et journaliste),
avant de publier un premier roman (Brûlebois, 1926). Dès lors, il donna
une nouvelle œuvre chaque année, jusqu'à la parution de la Jument verte
(1933), récit satirique fondé sur une analyse de la sexualité, qui connut
un vif succès. Premier volet d'une trilogie romanesque d'histoire contemporaine,
Travelingue (1941) se situe au début du Front populaire. Cette étude
de mœurs comique, qui met en scène des personnages pittoresques, comme
le jeune boxeur Milou, poids mouche protégé par un vieux pédéraste,
inaugure une fresque sociale fantaisiste et réaliste qui se poursuivit
avec le Chemin des écoliers (1946), tableau humoristique de la France
sous l'Occupation, et qui s'acheva avec Uranus (1948), dont l'action
se déroule dans les mois qui suivirent la Libération. Présentés comme
des "histoires simples, sans amour et sans argent", les Contes du chat
perché, qui commençèrent à paraître en 1934 sous forme d'albums pour
enfants, mêlent le merveilleux et le quotidien rustique dans des intrigues
où les animaux et les hommes conversent librement. Ses deux recueils
de nouvelles (le Passe-muraille, 1943, et le Vin de Paris, 1947) figurent
comme des chefs-d'œuvre du genre. Outre ses propres pièces de théâtre
(Vogue la galère, 1947 ; Lucienne et le Boucher, 1947 ; Clérambard,
1950 ; la Tête des autres, 1952 ; la Mouche bleue, 1957 ; Louisiane,
1961), on lui doit deux adaptations de pièces d'Arthur Miller (les Sorcières
de Salem, 1954, et Vu du pont, 1958). ... Une certaine espèce de menteurs dont chaque mensonge est un enchaînement d'authentiques accès de sincérité.
Celui qui demande la charité travaille plus pour son prochain que pour lui-même.
Dès qu'on s'écarte de deux et deux font quatre, les raisons ne sont que la façade des sentiments.
En France, les peines d'argent durent plus longtemps que les peines de coeur et se transmettent de génération en génération.
Etre heureux, ce n'est pas bon signe, c'est que le malheur a manqué le coche, il arrivera par le suivant.
L'argent ne se souvient de rien. Il faut le prendre quand on peut, et le jeter par les fenêtres. Ce qui est salissant, c'est de le garder dans ses poches, il finit toujours par sentir mauvais.
L'humilité est l'antichambre de toutes les perfections.
L'injustice sociale est une évidence si familière, elle est d'une constitution si robuste, qu'elle paraît facilement naturelle à ceux mêmes qui en sont victimes.
La vie n'est jamais aussi compliquée que se plaisent à l'imaginer les têtes faibles.
La vie, ça finit toujours mal
Les mâles sont surtout hardis avec les filles pauvres.
Nos bonnes actions sont souvent plus troubles que nos péchés.
Quand Paris se sent morveux, c'est la France toute entière qui se mouche.
Si le commerce était mieux fait, c'est le client qui devrait faire son prix.
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