| Alembert, Jean le
Rond d' (1717-1783), philosophe rationaliste, physicien et mathématicien
français, principal auteur et animateur, avec Denis Diderot, de l'Encyclopédie
ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772).
Fils illégitime de l'écrivain français Claudine Guérin de Tencin, qui
laissa son nouveau-né sur les marches de la chapelle Saint-Jean-Le Rond
de Paris, dont il reçut le nom, il fit ses études au collège Mazarin,
où il excella en mathématiques, physique et astronomie. À l'âge de vingt-deux
ans, il écrivit son premier livre publié, Mémoire sur le calcul intégral
(1739). Son œuvre scientifique la plus importante, qui inaugura une
nouvelle ère de la mécanique, est son Traité de dynamique (1743), fondé
sur la théorie connue aujourd'hui sous le nom de principe de d'Alembert,
que l'auteur découvrit à l'âge de vingt-six ans. En vertu de ce principe,
les forces d'inertie internes d'un système isolé sont égales et opposées
aux forces responsables de l'accélération du système. Ses Réflexions
sur la cause générale des vents (1746) contiennent la première théorie
sur la résolution des équations différentielles aux dérivées partielles.
En 1749, il proposa la première solution analytique de la précession
des équinoxes. En 1750, il s'associa à Denis Diderot pour éditer l'Encyclopédie,
dont il rédigea le Discours préliminaire s'inspirant de la philosophie
empiriste de John Locke. Bien qu'il se soit retiré de la rédaction en
1758 en raison de l'ingérence du gouvernement dans la publication de
l'ouvrage, d'Alembert continua par la suite à fournir des articles sur
la science et la philosophie. Son article sur Genève incita Rousseau
à écrire sa célèbre Lettre à d'Alembert sur les spectacles (1758). Parmi
ses autres ouvrages majeurs figurent les Éléments de musique théorique
et pratique suivant les principes de M.Rameau (1752), les Mélanges de
littérature et de philosophie (1753) et l'Essai sur les éléments de
philosophie (1759). Celui qui dit que deux et deux font quatre, a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux?
L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà.
La nature de l'homme, dont l'étude est si nécessaire, est un mystère impénétrable à l'homme même, quand il n'est éclairé que par la raison seule.
On nuit plus aux progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant.
Pour avoir le droit d'admirer les erreurs d'un grand homme, il faut savoir les reconnaître, quand le temps les a mises au grand jour.
Que ne coûtent point les premiers pas en tout genre? Le mérite de les faire dispense de celui d'en faire de grands.
Toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit.
Trop de lecture peut étouffer le génie.
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